Rappel important : essayer et tout donner est une forme de réussite en soi

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Radio Metal : A propos de l’album, tu as déclaré que « c’est extrême et radical d’un côté, mais c’est aussi plus orienté rock que n’importe quel autre album de Behemoth, » car aujourd’hui tu trouves que le meilleur groupe au monde est AC/DC plutôt que Mayhem ou Morbid Angel, qui étaient les groupes que tu admirais avant. Ça peut ne pas être totalement évident pour tout le monde mais on peut clairement entendre ce côté rock dans les solos ou des parties de chansons, comme « If Crucifixtion Was Not Enough » et « Bartzabel ». Mais peux-tu davantage expliquer comment cette influence rock s’est manifestée dans la composition et ce que, selon toi, ça apporte à ton metal extrême ?

Nergal (Behemoth) : Les gens oublient que… Je crois que Me And That Man m’a ramené aux racines de toute la musique rock, c’est-à-dire le blues. Et ça m’a rapproché de ses origines, et de là où tout a commencé. Je suppose que je voulais rendre ça plus présent dans la musique de Behemoth. Et ce n’est pas un secret que le power chord du rock, qui est l’accord principal utilisé par tous les groupes, y compris Burzum, vient des noirs jouant du blues il y a de ça très longtemps. Je sais que ça peut poser problème à certains grands guerriers de quatorze ans sur internet de le réaliser, mais c’est exactement ça ! Il faut se renseigner sur la musique dans sa globalité. On ne peut pas y échapper. Le jazz n’en fait pas partie, la musique classique n’en fait pas partie, mais n’importe quelle musique rock fait partie du blues. On vient tous des mêmes racines. Je voulais rendre ça plus prégnant. Et puis, d’un autre côté, j’en ai honnêtement marre des millions de groupes, surtout américains, qui accouchent d’une musique surproduite, tout est à fond, rapide, les arpèges, tout part dans tous les sens ! Ces gamins font la compétition entre eux, essayant de jouer autant de notes qu’ils peuvent et de toute leur force d’être aussi heavy qu’ils peuvent. Mais tu sais quoi ? Un putain d’accord de Led Zeppelin enterre toutes ces conneries. Un rythme de batterie de Bill Ward explose tout ça, parce qu’il y a bien plus d’émotion que dans tous ces albums d’aspirants qui se la pètent.

I Loved You At Your Darkest sort quatre ans après The Satanist, ce qui signifie que vous avez vraiment pris votre temps. Quand tu sors un album, as-tu besoin de t’assurer qu’il ne s’agit pas juste d’un album de plus, si on compare ça à tous ces groupes qui sortent un album tous les deux ans ?

Absolument. Tout d’abord, les groupes sortent des albums bien trop souvent. Il y a trop d’albums sur le marché, il y a trop de groupes. On est surpeuplé de partout. Je parie que si certains groupes prenaient leur temps et n’étaient pas pressés en studio, par le label, les manageurs ou eux-mêmes, le bénéfice serait une plus grande quantité d’albums de qualité, plutôt que de se retrouver avec un tas d’albums génériques. Evidemment, ça n’engage que moi. Il se peut que certains pensent que ce que nous faisons est générique, et ça ne se discute pas. Une opinion est une opinion. Mais au moins, j’essaye de faire tout ce qui est humainement possible pour m’assurer que ce que je fais dans Behemoth soit une déclaration très forte et puissante qui restera quand nous ne serons plus là. C’est mon principal objectif. J’ai juste envie de laisser mon emprunte et léguer quelque chose qui soit remarquable et intemporellement inspirant. Si nous y parvenons ? Je n’en sais rien. Mais nous essayons.

L’interview de Behemoth sur Radio Metal.
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