Le 19 décembre 2020

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Alcest2019-15500

Je ne me souviens plus de mon dernier concert au Bataclan. C’était avant les attentats, ça c’est sûr, car après le 13 novembre 2015 je n’y ai plus jamais remis les pieds. Pas envie d’entrer dans cette salle.

Mais le temps a passé et, dans quelques mois, ça fera déjà cinq ans.

Certains concerts m’avaient intéressés. Il y avait par exemple eu Skillet l’année dernière. J’avais pensé m’y rendre parce que la musique du groupe est hyper festive et fédératrice. C’aurait donc été un bon moyen de prendre le contre-pied de la tragédie, en profitant d’une soirée placée sous le signe de la jovialité, mais à cause de mon emploi du temps, je n’avais pas pu être présent. Ou alors c’est parce que le producteur de l’événement n’avait pas eu le temps de répondre à ma demande d’accred’ (ou que je l’avais demandée trop tard), je ne sais plus. Je reverrai le groupe de toute façon, ce n’est pas grave, et puis je dois avouer que retourner au Bataclan tout seul me saoulait un peu.

Du coup, quand j’ai appris qu’Alcest allait y jouer fin décembre, je dois reconnaître que j’étais heureux et soulagé aussi.

Heureux parce qu’évidemment je suis amoureux du groupe. Il est très important à mes yeux et, depuis que je le connais, beaucoup de choses se sont passées dans ma vie. Outre notamment le bouquin qu’on a fait sur eux, c’est grâce à Alcest que j’ai pu vivre la vie en tournée de l’intérieur d’une façon inédite, puisque j’ai eu l’opportunité de les suivre pendant cinq dates en Allemagne en dormant avec eux dans leur tourbus. J’avais fait Munich, Cologne, Hambourg, Leipzig et Berlin. Un souvenir absolument incroyable et, à titre personnel, le plus beau remerciement que je pouvais avoir de leur part suite au travail que j’ai accompli sur ce bouquin.

Aujourd’hui, c’est l’un des groupes que j’ai vu le plus de fois dans ma vie en live et j’attends avec impatience de découvrir sur scène le culte Ecailles De Lune (2010) dans son intégralité. Et ce qui est cool dans tout ça, c’est que je ne serai pas tout seul au Bataclan. Déjà parce que le groupe n’arrête pas d’enchaîner les concerts complets à Paris (Gaieté Lyrique, Machine Du Moulin Rouge) et aussi parce que j’aurai plein de potes sur place. Et ça c’est un sacré soulagement.

Tout est imbriqué de toute façon. Neige avait composé l’album Kodama (2016) en étant marqué par le Bataclan, d’autant plus qu’il n’habite pas loin de la salle. Alors que les Fortifem par exemple, comme ils l’expliquent dans notre bouquin, avaient pour leur part vécus ça de loin, et avec beaucoup de frustration, puisqu’ils étaient aux Etats-Unis au moment des faits. Tout mon environnement, de très près ou de plus loin, a été touché par cette tragédie de toute façon.

Du coup, franchement, je ne peux qu’imaginer la charge émotionnelle que nous tous allons avoir lors de ce concert de fin décembre… Car ce groupe-là, avec cette musique-là, dans cette salle-là, avec ces symboles-là, pffff, ça va être quelque chose de très très fort je pense. Et c’est bien que beaucoup de mes amis soient présents pour qu’on partage ce moment tous ensemble.

Il n’y a rien de plus important que d’être entourés – beaucoup d’entre vous n’avaient pas besoin du confinement pour le comprendre, je le sais bien – mais le 19 décembre prochain, je crois vraiment qu’on en aura tous besoin.

alcest

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