En images : Gary Jules – Mad World

Par défaut

garyjules

La nouvelle rubrique que j’inaugure aujourd’hui a pour nom « En Images ». Elle a pour objectif de revenir sur des vidéos qui me tiennent à cœur et de dériver sur plein de sujets.

Je mets en place cette rubrique parce que, depuis 15 ans que je travaille dans la musique, je suis confronté au quotidien aux problématiques rencontrées par les artistes, émergents ou pas. Et dans les questionnements qui reviennent souvent, se pose la question de l’image.

Bien sûr ce terme est englobant car l’image, c’est avant tout ce qu’on dégage, donc ce qu’on reflète ou ce qu’on souhaite faire refléter, mais pour les artistes c’est aussi avec l’outil vidéo un moyen de partager, de communiquer. Dans notre société occidentale, la forme a énormément d’importance (je pense d’ailleurs que c’est quand même moins le cas dans beaucoup d’autres sociétés) et j’ai l’impression qu’énormément de choses, au final, sont avant tout une histoire de communication.

Et réaliser une vidéo, pour un artiste, est quelque chose de TRÈS important sur le plan de la communication.

De mon point de vue, pour être pertinent et si le groupe a vraiment la volonté de faire la différence, il faut soit un contexte atypique pour embellir la vidéo, soit le partage d’un message. Ce dernier peut être du divertissement pur comme un truc extrêmement profond. Ça peut être n’importe quoi en fait… A partir du moment où la vidéo parle à l’artiste qui la partage, elle pourra également parler à son public.

Bonjour Monsieur Lapalisse vous allez bien ? Oui parfaitement. Et vous Captain Obvious ?

Nan mais tu comprends l’idée : que la vidéo de l’artiste parle avant tout à nos cœurs, à nos yeux, à nos âmes, à nos instincts primaires etc. : au final on s’en fiche. Car l’important est que la personne qui tombe sur la vidéo ressente quelque chose.

Et cela ne nécessite pas forcément de moyens importants pour l’artiste. J’avoue ne pas comprendre pourquoi tant de groupes de metal ont naturellement une petite tendance à tourner des clips dans des hangars. Mais si c’était avant tout vrai dans les années 90/2000, le truc a été fait 15 milliards de fois et, perso, je trouve que ça n’apporte rien.

Si j’avais l’outrecuidance de vouloir partager deux conseils à destination des artistes émergents qui veulent que leur musique touchent les gens, et qui souhaitent fédérer la plus grande communauté possible, ce serait d’abord de travailler d’arrache-pied leur compositions et leur instrument… tout en n’omettant jamais de créer leur propre univers artistique.

Beaucoup le font déjà, c’est évident (d’autant plus dans la scène metal où les artistes, très souvent, agissent de manière très soigneuse sur tout ce qui concerne leur groupe car leur musique vient du coeur), mais beaucoup aussi ont du mal à saisir que la deuxième partie de la phrase précédente est aussi déterminante que la première pour (se donner une chance de) réussir.

Le groupe qui n’a pas la volonté de mettre autant d’importance à l’enveloppe qu’au fond n’atteindra jamais le succès. Et la communication (à l’instar de la non-communication qui est d’ailleurs une forme alternative de communication) fait partie de cette enveloppe. Les deux « nouveaux » groupes les plus importants de la scène metal actuelle – Ghost et Gojira – ont des compositions qui tuent (aimer ou ne pas aimer n’est pas le souci ici), un univers bien à eux et une communication très rodée. De mon point de vue, n’importe quel artiste qui souhaite percer dans la musique doit garder cette idée en tête.

Après, l’importance de la communication concerne tous les domaines… et j’estime être bien placé pour le savoir tiens ! 😉

Perso, quand j’ai déposé la marque RM en 2005, c’est parce que je voulais monter mon propre média pour me faire plaisir, vivre de ma passion et faire du journalisme. Mais dans le développement de la boîte, à travers les années de labeur, j’ai compris que si je voulais la faire évoluer, il fallait que je m’ouvre encore plus à la communication.

Je suis arrivé dans ce milieu à 20 ans comme un bulldozer parce que j’ai en moi le feu sacré. Un truc que tout le monde a intrinsèquement, je crois, mais que pas tout le monde utilise. En plus de l’investissement de mes collègues, RM a d’abord pu survivre et se développer parce que Nicolas (notre rédacteur en chef) et moi-même avons une endurance hors-norme à la souffrance. Et même si l’on est très différent lui et moi sur le plan de la personnalité, on se rejoint exactement comme deux frères d’armes peuvent se rejoindre, parce que je crois que cette endurance est aussi bien le fruit de notre détermination que de nos névroses personnelles.

Quand tu réussis, les gens ne voient que la réussite et font un raccourci. Ils applaudissent en voyant ce qu’ils ont devant leurs yeux en oubliant souvent, et assez facilement, que celui qui a une ambition gargantuesque ne peut être qu’une personne qui, de base, a de profonds problèmes à résoudre.

L’ambition et la détermination sont très souvent la conséquence d’une frustration.

Bref, ce que je voulais dire est que quand je suis arrivé dans le milieu, j’avais une détermination qui a eu des conséquences. Une phrase un peu politiquement correct qui veut simplement dire, qu’à un moment, je me suis pris la tête avec quasiment tout le monde dans ce milieu ! Donc les problèmes de communication : je connais bien ! Et si je suis toujours vivant dans ce microcosme après tant d’années, c’est parce que j’ai appris à mettre de l’eau dans mon vin, à mieux assimiler les codes et usages de ce monde du metal si particulier en France, à comprendre et respecter la positon des autres, à me mettre à la place de mon interlocuteur, à apprendre que l’on puisse me dire NON sans forcément se justifier etc.

Demandez par exemple à Olivier Garnier (le chargé de communication du Hellfest et créateur de Replica Promotion), ou à Philippe Lageat (Rock Hard France), les discussions pour le moins animées que l’on a eu il y a quelques années ! Ça les fera marrer… ^^

Quand t’arrives à 20 ans dans un milieu que tu ne connais pas, tu découvres son fonctionnement. J’ai découvert un microcosme avec des habitudes, une manière de faire propre, avec des codes et des langages personnels que l’on a parfois jugé, mes collègues et moi, comme atypiques, archaïques et/ou folkloriques. Forcément, ça m’a souvent dérangé car je l’ai vu comme un frein à mon grand projet de révolution sidérurgique haha ! Beaucoup, dans ce milieu, m’ont pris pour un petit con arrogant car, quand tu as la flamme en toi qui vit, parfois elle peut te brûler, te dévorer de l’intérieur, et même te rendre très offensif.

Ne peuvent comprendre ce discours que ceux qui ont réalisé dans leur vie des projets importants. Les autres doivent garder le silence ou alors rester à leur place : celle de spectateur (mode petit con arrogant activé hihi !). Je taquine un peu mais, rassure-toi, je sais parfaitement que l’humilité est un facteur clé pour durer et ça me fait souvent marrer de voir que les gens qui réussissent sont souvent catalogués de « prétentieux » juste parce qu’ils savent ce qu’ils veulent ! Pffff… quand tu as deux neurones tu sais, bien au contraire, qu’il faut justement de l’humilité pour apprendre à écouter les gens autour de soi et savoir s’entourer. Ce qui n’empêche pas, je ne suis pas dupe, certaines personnes de se la jouer quand elles ont du pouvoir (humanité mon amour !)

Je pense que l’on apprend continuellement.

Faut se calmer, faire des erreurs, en chier, devenir encore plus humble, accepter les sacrifices et la souffrance, ne répondre aux attaques frontales que quand on juge que c’est nécessaire, prendre encore plus de hauteur, apprendre à fermer un peu sa gueule parfois, savoir rester à sa place, accepter les difficultés importantes inhérentes au fait de bosser dans la culture etc. etc.

Tout ça pour, au final, juste faire son truc dans son coin, à sa manière, en essayant de proposer un rendu de la plus grande qualité possible en partant du principe que le travail paie. De toute façon, quand on part vraiment de 0 (comme c’est le cas pour la majorité des gens dans ce milieu), la chance de pouvoir réussir vient toujours après le travail.

Si tu prends l’exemple de Gary Jules et de sa superbe reprise de « Mad World » (Tears For Fears), il a fait un clip extrêmement poétique qui n’a pas coûté grand-chose.

Faire son truc et y mettre du cœur : c’est ça qui peut donner la chance de rencontrer des gens qui nous font passer un cap.

Agrandis ton monde.

Clip :

Paroles :

« Tout autour de moi, des visages familiers
Des places usées
Des visages épuisés
De bonne heures pour leurs courses quotidiennes
N’allant nulle part
N’allant nulle part
Leurs larmes remplissent leurs yeux
Pas d’expression
Pas d’expression
Je cache ma tête, je veux noyer mon chagrin
Pas de lendemain
Pas de lendemain

Et je trouve que c’est assez drôle
Je trouve que c’est assez triste
Les rêves dans lesquels je meurs
Sont les meilleurs que je n’ai jamais eus
Je trouve que c’est difficile à dire
Je trouve que c’est dur à admettre
Quand les gens courent en cercle
C’est vraiment, vraiment
Un monde fou

Un monde fou

Les gosses attendent le jour où ils se sentiront bien
Bon anniversaire
Bon anniversaire

On les fait se sentir comme le devrait chaque gosse
S’asseoir et écouter
S’asseoir et écouter

Je suis allé à l’école et j’étais très nerveux
Personne ne me connaissait
Personne ne me connaissait

Bonjour professeur, dites-moi quelle est ma leçon
Regardez à travers moi
Regardez à travers moi

Et je trouve que c’est assez drôle
Je trouve que c’est assez triste
Les rêves dans lesquels je meurs
Sont les meilleurs que je n’ai jamais eus
Je trouve que c’est difficile à dire
Je trouve que c’est dur à admettre
Quand les gens courent en cercle
C’est vraiment, vraiment
Un monde fou

Un monde fou

Les gosses attendent le jour où ils se sentiront bien
Bon anniversaire
Bon anniversaire

Agrandis ton monde

Un monde fou »

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *